Ce moment où la peur d’échouer finit par prendre trop de place…
Vous devez envoyer un message important et vous le relisez cinq fois.
Vous préparez une présentation et vous imaginez déjà tout ce qui pourrait mal se passer.
On vous confie une nouvelle responsabilité et, au lieu de ressentir de la satisfaction, une pensée apparaît presque immédiatement :
« Et si je n’en étais pas capable ? »
La peur de ne pas être à la hauteur peut se glisser dans de très nombreux domaines.
Le travail.
Les études.
La parentalité.
Le couple.
Un nouveau projet.
Une rencontre.
Une prise de parole.
Parfois même dans des situations où personne ne vous demande réellement d’être parfait.
Quand beaucoup de situations ressemblent à des examens
Il existe évidemment des moments où nous sommes réellement évalués.
Un entretien.
Un examen.
Une présentation professionnelle.
Mais lorsque la peur de ne pas être à la hauteur est très présente, cette sensation d’évaluation peut finir par s’étendre bien au-delà.
Une remarque devient une critique.
Une erreur devient la preuve que vous n’êtes pas assez compétent.
Un silence devient le signe que quelqu’un est déçu.
Une difficulté devient la confirmation que vous n’êtes peut-être pas fait pour cela.
La pression ne vient alors plus uniquement de ce qui se passe.
Elle vient également de la signification que vous donnez à ce qui se passe.
Essayer de tout contrôler pour éviter l’échec
Lorsque cette peur prend beaucoup de place, nous pouvons développer toutes sortes de stratégies.
Travailler beaucoup plus que nécessaire.
Tout vérifier.
Préparer chaque détail.
Repousser une décision tant que nous ne sommes pas certains de faire le bon choix.
Demander régulièrement aux autres s’ils pensent que nous avons bien fait.
Comparer notre travail.
Recommencer plusieurs fois.
Ou parfois ne pas essayer du tout.
Parce que lorsque l’on ne commence pas, on ne risque pas d’échouer.
Ces stratégies peuvent rassurer à court terme.
Mais elles demandent énormément d’énergie.
Et elles peuvent progressivement renforcer une croyance :
« Je ne peux être tranquille que si je suis certain de réussir. »
Or cette certitude existe rarement.
Que signifierait réellement un échec pour vous ?
La peur de ne pas réussir n’est pas toujours uniquement liée au résultat.
Il peut être intéressant d’aller un peu plus loin.
Si vous échouiez, qu’est-ce qui serait réellement difficile ?
Décevoir quelqu’un ?
Être critiqué ?
Être rejeté ?
Perdre l’estime d’une personne importante ?
Être considéré comme incompétent ?
Avoir l’impression que l’on découvre enfin que vous n’êtes « pas assez » ?
Ou simplement ne plus pouvoir contrôler l’image que les autres ont de vous ?
Il n’existe pas forcément une seule réponse.
Mais cette question permet parfois de passer de :
« Comment faire pour ne jamais échouer ? »
à :
« Pourquoi la possibilité d’échouer me met-elle autant sous pression ? »
Et cette deuxième question ouvre souvent quelque chose de beaucoup plus profond.
Quand même la réussite ne rassure plus vraiment
L’un des paradoxes de cette peur est que réussir ne suffit pas toujours à l’apaiser.
Vous faites quelque chose correctement.
Vous recevez un compliment.
Votre projet fonctionne.
Votre entourage est satisfait.
Pendant quelques instants, vous êtes soulagé.
Puis une nouvelle situation apparaît.
Et tout recommence.
Parce que lorsque notre sentiment de sécurité dépend entièrement du prochain résultat, il faut sans cesse fournir une nouvelle preuve.
Prouver que nous sommes compétents.
Que nous avons notre place.
Que nous méritons la confiance des autres.
Que nous sommes suffisamment bons.
Cela peut devenir épuisant.
Et cela peut aussi empêcher de profiter réellement des réussites, puisque l’attention se tourne déjà vers la prochaine chose qu’il faudra réussir.
Faire de son mieux n’est pas la même chose que devoir être parfait
Il ne s’agit pas de renoncer à vos exigences.
Ni de ne plus prendre les choses au sérieux.
Ni d’abandonner vos ambitions.
Il s’agit plutôt d’apprendre à faire la différence entre :
vouloir faire de son mieux
et
avoir besoin de réussir pour se sentir suffisamment valable.
La nuance peut sembler subtile.
Mais elle change beaucoup de choses.
Vous pouvez commencer avec de petites expériences.
Envoyer un message sans le relire encore une fois.
Terminer une tâche lorsqu’elle est suffisamment bien faite.
Oser poser une question même si vous avez peur qu’elle paraisse évidente.
Essayer quelque chose sans être certain à l’avance du résultat.
Dire « je ne sais pas ».
Demander de l’aide.
Et surtout, observer la manière dont vous vous parlez lorsqu’une erreur arrive.
Que vous dites-vous lorsque vous vous trompez ?
C’est parfois dans ces moments-là que notre exigence apparaît le plus clairement.
Je suis nul.
J’aurais dû le savoir.
Les autres vont voir que je ne suis pas compétent.
Je rate toujours tout.
Pourtant, feriez-vous le même jugement si une personne que vous aimez faisait exactement la même erreur ?
Probablement pas.
Vous lui diriez peut-être qu’elle apprend.
Que cela arrive.
Que cette erreur ne résume pas tout ce qu’elle est.
La difficulté est parfois de commencer à nous accorder à nous-mêmes un peu de cette même souplesse.
Votre valeur ne peut pas dépendre de chaque résultat
Nous faisons tous des erreurs.
Nous connaissons tous des échecs.
Nous ne sommes pas compétents dans tous les domaines.
Et il existe forcément des moments où nous ne sommes pas à la hauteur de ce que nous avions imaginé.
Cela ne résume pas une personne.
Pourtant, le comprendre intellectuellement ne suffit pas toujours.
Vous pouvez parfaitement croire que les autres ont le droit de se tromper et rester incapable de vous accorder ce même droit.
C’est souvent là qu’un travail plus personnel peut devenir intéressant.
D’où vient cette exigence ?
À qui essayez-vous encore de prouver quelque chose ?
Qu’est-ce que vous craignez de perdre si vous n’êtes pas irréprochable ?
Et surtout :
qu’est-ce que cette peur vous empêche aujourd’hui d’oser ?
L’objectif n’est pas de devenir indifférent au résultat.
Il est de pouvoir essayer, apprendre, progresser et parfois échouer sans que tout votre sentiment de valeur personnelle s’effondre avec le résultat.
Si cette peur de ne pas être à la hauteur vous pousse à vous suradapter, à vous épuiser ou à renoncer à certaines choses, un accompagnement peut vous permettre d’explorer ce qui entretient cette pression et de retrouver une manière plus libre d’avancer.
Thérapeute à Crest et à distance, j’accompagne chaque personne de manière personnalisée en prenant en compte le corps, les émotions, les ressentis et ce qu’elle traverse dans sa vie. Mon approche vise à vous aider à mieux comprendre ce que vous vivez, à retrouver vos propres ressources et à avancer vers davantage d’équilibre et d’autonomie.


