reconnaître ce qui se passe en soi
On associe souvent l’angoisse aux pensées.
On imagine un mental qui tourne sans arrêt, des scénarios inquiétants, des peurs que l’on n’arrive pas à contrôler.
Mais ce n’est pas toujours comme cela que l’angoisse se manifeste.
Parfois, vous ne vous sentez même pas particulièrement inquiet dans votre tête.
Et pourtant, votre corps, lui, semble déjà en alerte.
Le ventre se noue. Les épaules restent tendues. La respiration devient plus courte. Vous ressentez une agitation difficile à expliquer. Votre cœur accélère. Vous avez du mal à vraiment vous poser.
Vous continuez votre journée, vous faites ce que vous avez à faire, et ce n’est parfois qu’après coup que vous réalisez :
« En fait, j’étais angoissé. »
L’angoisse ne commence pas forcément par une pensée
Nous aimerions souvent pouvoir comprendre ce que nous ressentons de manière logique.
Trouver la cause.
Identifier le problème.
Mettre un mot précis sur ce qui se passe.
Mais notre vécu ne passe pas uniquement par le mental.
Notre corps participe lui aussi à tout ce que nous traversons.
Une période tendue. Une relation difficile. Une situation que nous appréhendons. Une accumulation de fatigue. Un changement important. Un environnement dans lequel nous ne nous sentons pas complètement à l’aise.
Parfois, notre tête continue à fonctionner presque normalement.
Nous travaillons.
Nous répondons aux messages.
Nous organisons.
Nous faisons les courses.
Nous nous occupons des autres.
Et pendant ce temps-là, le corps reste contracté.
C’est ce décalage qui peut être déroutant : mentalement, vous avez l’impression de gérer. Corporellement, quelque chose ne relâche pas.
À force de fonctionner « dans la tête », on peut oublier son corps
Lorsque le quotidien est chargé, il est très facile de passer beaucoup de temps dans le mental.
Que faut-il faire ensuite ?
À quoi faut-il penser ?
Qu’est-ce qui pourrait arriver ?
Est-ce que j’ai oublié quelque chose ?
Comment vais-je régler ce problème ?
Pendant ce temps-là, nous ne remarquons parfois même plus que nous retenons notre respiration.
Que notre mâchoire est serrée.
Que nos épaules sont remontées.
Que notre ventre est tendu depuis le matin.
Nous ne choisissons pas forcément de nous couper de notre corps.
Cela peut simplement devenir une habitude.
On avance.
On tient.
On réfléchit.
Et on ressent de moins en moins ce qui se passe à l’intérieur.
Jusqu’au moment où le corps devient suffisamment inconfortable pour que nous ne puissions plus l’ignorer.
Revenir au corps ne signifie pas surveiller son corps
Il y a cependant une différence importante entre être à l’écoute de ses sensations et passer son temps à surveiller son corps.
Lorsque l’on est déjà anxieux, vérifier continuellement sa respiration, son cœur ou la moindre sensation inhabituelle peut parfois nourrir davantage l’inquiétude.
Revenir au corps, ce n’est pas chercher en permanence ce qui ne va pas.
C’est retrouver un contact plus simple avec soi.
Sentir ses pieds au sol.
Remarquer la position de ses épaules.
Prendre conscience de sa respiration sans chercher absolument à la contrôler.
S’étirer.
Sentir la chaleur de l’eau sous la douche.
Bouger.
Marcher.
Revenir pendant quelques instants à ce qui est réellement là, maintenant.
Remettre le corps en mouvement
Lorsque nous sommes très préoccupés, nous pouvons avoir tendance à rester enfermés dans nos pensées.
Dans ces moments-là, le mouvement peut devenir un point d’appui intéressant.
Il ne s’agit pas nécessairement de faire du sport.
Une marche de quinze minutes peut déjà changer quelque chose.
Vous pouvez également vous étirer doucement, danser chez vous, jardiner, vous masser les mains, les bras ou les pieds, bouger les épaules ou simplement prendre quelques minutes pour ressentir votre corps en mouvement.
L’objectif n’est pas la performance.
Il s’agit davantage de retrouver la sensation d’habiter votre corps, plutôt que de vivre uniquement dans votre tête.
La méditation peut aussi devenir une porte d’entrée
La méditation peut aider certaines personnes à revenir à leurs sensations.
Mais là encore, inutile d’en faire une nouvelle obligation.
Méditer ne signifie pas réussir à arrêter toutes ses pensées.
Vous pouvez simplement vous installer quelques minutes et porter votre attention sur votre respiration.
Sentir les points d’appui de votre corps sur la chaise.
Écouter les sons autour de vous.
Observer ce qui est là sans essayer immédiatement de le changer.
Et si rester immobile augmente votre inconfort, vous pouvez parfaitement choisir une pratique plus corporelle : méditation guidée, marche consciente, étirements ou mouvement lent.
Il n’existe pas une seule bonne manière de revenir à soi.
Apprendre à reconnaître vos propres signes
Nous ne ressentons pas tous l’angoisse de la même façon.
Chez vous, elle commence peut-être par le ventre.
Chez quelqu’un d’autre, ce sera une tension dans la poitrine.
Une agitation inhabituelle.
Des difficultés à rester immobile.
Une sensation de gorge serrée.
Une envie permanente de faire quelque chose.
Ou au contraire l’impression d’être complètement figé.
Apprendre à reconnaître ces premiers signes peut permettre de ne plus attendre que l’inconfort soit devenu très intense pour vous écouter.
Vous pouvez commencer avec deux questions très simples :
Qu’est-ce que je ressens dans mon corps en ce moment ?
Puis :
De quoi aurais-je besoin pour retrouver un peu plus d’espace ?
Parfois, la réponse est simplement de ralentir quelques minutes.
Parfois, de bouger.
De sortir.
De respirer.
De parler à quelqu’un.
Ou de reconnaître que quelque chose vous affecte davantage que vous ne vouliez l’admettre.
Le corps peut devenir un point d’appui
Il ne s’agit pas de considérer chaque sensation comme un message qu’il faudrait absolument décoder.
Une sensation physique peut avoir de nombreuses causes, et lorsqu’un symptôme est inhabituel, important ou persistant, un avis médical peut être nécessaire.
Mais lorsque vous savez que l’angoisse prend facilement une dimension corporelle chez vous, apprendre à retrouver davantage de contact avec vos sensations peut devenir une ressource.
Non pas pour faire disparaître immédiatement tout ce que vous ressentez.
Mais pour ne plus être complètement emporté par cet état.
Et parfois, en revenant progressivement au corps, nous commençons aussi à mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur.
Si vous avez souvent l’impression que votre corps reste en alerte et que vous souhaitez comprendre plus personnellement ce qui se joue pour vous, je peux vous accompagner pour explorer ce que vous traversez et retrouver progressivement davantage de sécurité intérieure.
Thérapeute à Crest et à distance, j’accompagne chaque personne de manière personnalisée en prenant en compte le corps, les émotions, les ressentis et ce qu’elle traverse dans sa vie. Mon approche vise à vous aider à mieux comprendre ce que vous vivez, à retrouver vos propres ressources et à avancer vers davantage d’équilibre et d’autonomie.


