
Douleurs psychosomatiques : et si votre corps essayait de vous dire quelque chose ?
Vous avez mal…
Peut-être depuis quelques semaines. Peut-être depuis plusieurs mois. Parfois même depuis tellement longtemps que vous ne savez plus vraiment ce que cela fait de vivre une journée sans ressentir une tension, une lourdeur, une gêne ou une douleur quelque part dans votre corps.
Vous avez peut-être cherché des explications. Consulté. Essayé différentes approches. Certaines vous ont soulagé un temps, d’autres beaucoup moins.
Et à force, une relation étrange peut s’installer avec votre propre corps.
Vous lui en voulez.
Vous avez l’impression qu’il vous empêche d’avancer, qu’il vous ralentit, qu’il ne suit plus vos projets, votre rythme ou vos envies. Vous aimeriez simplement qu’il arrête de vous faire mal et qu’il vous laisse vivre normalement.
Pourtant, si nous essayions un instant de regarder les choses autrement ?
Et si ce corps que vous percevez parfois comme un ennemi était aussi celui qui, depuis quelque temps, essaie de vous faire entendre quelque chose ?
Avant de parler de douleur, qu’est-ce que notre corps ?
La question peut sembler étrange tant la réponse paraît évidente.
Notre corps, c’est ce avec quoi nous vivons chaque seconde de notre existence.
Et pourtant, nous pouvons passer une grande partie de notre vie à fonctionner comme s’il était simplement chargé de nous transporter d’un endroit à un autre.
Nous réfléchissons avec notre tête. Nous organisons. Nous anticipons. Nous travaillons. Nous nous occupons des autres. Nous remplissons nos obligations.
Et pendant ce temps-là, le corps vit tout cela avec nous.
Il ressent le manque de sommeil.
Il réagit au stress.
Il se contracte lorsque nous avons peur.
Il peut s’apaiser lorsque nous nous sentons en sécurité.
Il réagit à certaines relations, à certains environnements, à certaines périodes de notre vie.
Notre corps n’est donc pas séparé de ce que nous vivons.
Il en fait partie.
La douleur n’est pas uniquement physique
Lorsque l’on parle de douleur, nous pensons généralement immédiatement au corps.
Un dos douloureux. Une nuque tendue. Un ventre noué. Des migraines. Des tensions musculaires. Une sensation d’oppression ou une fatigue qui devient presque douloureuse.
Mais il existe également une douleur psychique et émotionnelle.
Un deuil peut faire mal.
Une séparation peut faire mal.
Vivre pendant des mois dans une relation conflictuelle peut être éprouvant.
Se sentir constamment sous pression dans son travail aussi.
La peur, la solitude, la culpabilité, le sentiment de ne jamais être à la hauteur, l’insécurité ou certaines blessures anciennes peuvent occuper une place considérable dans notre quotidien.
Et surtout, ces différentes dimensions de la douleur ne vivent pas nécessairement chacune de leur côté.
Notre état émotionnel peut influencer nos sensations corporelles. À l’inverse, vivre quotidiennement avec une douleur physique peut affecter profondément notre moral, notre sommeil, notre énergie, nos relations et notre capacité à nous projeter.
Le corps et l’esprit dialoguent en permanence.
Quand la douleur finit par devenir une compagne du quotidien
Une douleur ponctuelle attire généralement notre attention.
Lorsqu’elle devient chronique, quelque chose de différent peut se produire.
Nous nous habituons.
Pas nécessairement parce que nous avons moins mal, mais parce que nous apprenons à fonctionner avec.
On se lève avec cette tension.
On organise certaines activités en fonction d’elle.
On évite certains mouvements.
On dort différemment.
On serre les dents.
On se dit que cela finira peut-être par passer.
Et progressivement, nous pouvons ne plus mesurer la quantité d’énergie dépensée simplement pour composer avec notre propre corps.
C’est aussi pour cela qu’une douleur persistante mérite d’être prise au sérieux et évaluée médicalement. Une approche prenant en compte les dimensions émotionnelles ou psychologiques ne remplace pas un diagnostic ni un suivi médical lorsqu’ils sont nécessaires.
Mais une fois cette précaution posée, une autre question peut avoir sa place :
Qu’est-ce que je vis autour de cette douleur ?
Qu’est-ce que la psychosomatisation ?
Le mot peut impressionner.
Et surtout, il est parfois très mal compris.
Parler de psychosomatisation ne signifie pas dire que la douleur est imaginaire, inventée ou « seulement dans votre tête ».
Votre douleur est réelle.
La psychosomatique nous invite plutôt à ne pas considérer systématiquement le corps et le psychisme comme deux univers indépendants.
Nos émotions, notre niveau de stress, notre sommeil, notre sentiment de sécurité, notre histoire et notre environnement peuvent interagir avec notre fonctionnement corporel et avec la manière dont nous ressentons la douleur.
Il suffit parfois d’observer des situations très ordinaires pour comprendre cette interaction.
Comment se comporte votre ventre lorsque vous êtes extrêmement anxieux ?
Comment dormez-vous lorsque vous traversez une période de conflit ?
Que deviennent vos épaules lorsque vous passez des semaines sous pression ?
Comment respirez-vous lorsque vous avez peur ?
Que se passe-t-il dans votre corps lorsque vous entrez dans un environnement dans lequel vous ne vous sentez pas bien ?
Nous faisons parfois ces liens spontanément.
Mais lorsqu’une difficulté s’installe durablement, nous pouvons perdre cette vision globale.
Et si le corps était celui qui finissait par dire « stop » ?
Il arrive que nous continuions longtemps.
Parce qu’il faut travailler.
Parce qu’il faut s’occuper des enfants.
Parce qu’il faut assurer.
Parce que ce n’est jamais le bon moment pour s’arrêter.
Parce que nous nous disons que ça ira mieux demain.
Notre mental peut être particulièrement doué pour négocier avec nos limites.
Le corps, beaucoup moins.
À un moment, la fatigue est là.
Le sommeil ne récupère plus suffisamment.
Les tensions deviennent permanentes.
Certaines douleurs prennent davantage de place.
Et ce corps que l’on voudrait faire taire devient justement impossible à ignorer.
Je trouve intéressant de ne pas considérer automatiquement ce moment comme une trahison du corps.
Il peut aussi devenir une porte d’entrée.
Le moment où nous commençons enfin à nous demander non seulement « comment faire disparaître cette sensation ? », mais aussi :
Qu’est-ce qui, dans ma vie aujourd’hui, me demande autant d’énergie ?
Votre corps ne vit pas séparément de votre vie
C’est ici que l’approche globale, ou holistique, prend pour moi tout son sens.
Le terme peut parfois sembler abstrait. Pourtant, l’idée derrière est très concrète.
Nous sommes une seule personne.
Il y a évidemment un intérêt immense aux différentes spécialités médicales. Lorsque nous avons un problème précis, pouvoir consulter un professionnel qui connaît particulièrement bien un organe, un système ou une pathologie est indispensable.
Mais cela ne nous empêche pas, parallèlement, de regarder la personne dans son ensemble.
Votre digestion ne quitte pas votre corps lorsque vous allez travailler.
Votre système nerveux ne disparaît pas lorsque vous rentrez dans votre couple.
Votre sommeil n’est pas indépendant de ce que vous vivez dans la journée.
Votre sexualité n’est pas nécessairement imperméable à votre état émotionnel ou à la qualité de votre relation.
Et votre corps ne devient pas soudainement indifférent à votre environnement lorsque vous traversez une période difficile.
Faire ces liens ne signifie pas chercher une explication psychologique à tout.
Cela signifie simplement accepter de poser davantage de questions.
Comment est-ce que je vais réellement en ce moment ?
Depuis quand mon corps a-t-il commencé à réagir ainsi ?
Que se passait-il dans ma vie à cette période ?
Dans quelles situations ma douleur augmente-t-elle ou diminue-t-elle ?
Est-ce que je me sens encore en sécurité et à ma place dans mon quotidien ?
Parfois, ces questions ouvrent des portes auxquelles nous n’avions jamais pensé.
Lorsque le corps devient une ancre
Lorsque nous souffrons, notre premier réflexe est naturellement de vouloir nous débarrasser de la douleur.
C’est compréhensible.
Mais il peut être intéressant d’apprendre progressivement à changer la relation que nous entretenons avec notre corps.
Parce que le corps possède une caractéristique extraordinaire : il est toujours dans le présent.
Notre mental, lui, peut repartir dix ans en arrière en quelques secondes.
Il peut rejouer une conversation.
Imaginer ce qui pourrait arriver dans six mois.
Construire vingt scénarios différents.
Revenir encore et encore sur ce que nous aurions dû dire, faire ou comprendre.
Le corps, lui, est ici.
Maintenant.
La respiration que vous avez en lisant ces lignes est celle de cet instant.
Les points d’appui de votre corps sur votre chaise sont là maintenant.
Les tensions que vous ressentez sont présentes maintenant.
Et c’est aussi pour cela que le corps peut devenir une ancre.
Non plus seulement quelque chose que nous voulons réparer ou faire taire, mais un moyen de revenir vers nous-mêmes et d’observer ce qui se passe réellement.
« Pourtant, j’ai déjà essayé tellement de choses… »
Lorsque l’on souffre depuis longtemps, il est normal de devenir méfiant.
Peut-être avez-vous déjà essayé plusieurs approches.
Peut-être avez-vous dépensé beaucoup d’énergie, de temps et d’argent sans obtenir les changements que vous espériez.
Alors, lorsqu’une nouvelle possibilité apparaît, une partie de vous peut immédiatement penser :
À quoi bon ?
Pourquoi cela fonctionnerait-il cette fois ?
Cette prudence est compréhensible.
Mais multiplier les solutions sans fil conducteur peut aussi devenir épuisant.
L’intérêt d’un accompagnement n’est pas de vous promettre une solution miracle ni de remplacer les professionnels de santé qui vous suivent.
Il peut justement être de prendre le temps de regarder l’ensemble de ce que vous vivez, de remettre du lien entre des éléments que vous aviez peut-être appris à considérer séparément et d’identifier progressivement ce qui mérite d’être travaillé.
« Je devrais quand même réussir à m’en sortir seul… »
Cette pensée revient souvent.
On lit.
On écoute des podcasts.
On cherche des exercices.
On essaie de comprendre.
Toutes ces ressources peuvent être utiles. Elles peuvent même permettre de véritables prises de conscience.
Mais il existe une différence entre comprendre quelque chose intellectuellement et réussir à identifier ce qui se joue pour soi lorsqu’on est précisément au milieu de la situation.
Nous avons tous des angles morts.
C’est d’ailleurs vrai dans beaucoup de domaines de la vie : faire appel à quelqu’un dont c’est le métier n’est pas un constat d’échec.
Cela permet parfois simplement d’arrêter de tourner autour du même problème et d’être accompagné avec un regard extérieur, une méthode et une expérience.
Et lorsqu’on souffre depuis longtemps, le coût ne se mesure pas uniquement au prix d’une séance.
Il y a aussi le temps passé à chercher.
L’énergie dépensée.
Les activités auxquelles on renonce.
La disponibilité que l’on n’a plus pour ses proches.
Parfois même les achats ou les solutions que l’on accumule en espérant enfin trouver quelque chose qui nous soulagera.
Décider de se faire accompagner peut alors être moins une dépense supplémentaire qu’une décision de cesser d’avancer seul et au hasard.
Écouter son corps ne signifie pas lui obéir aveuglément
Il ne s’agit pas non plus de considérer chaque douleur comme un message mystérieux qu’il faudrait absolument décoder.
Le corps est complexe.
Une douleur peut avoir de nombreuses causes et plusieurs facteurs peuvent coexister.
L’objectif est plutôt de ne plus exclure une partie de l’équation.
Continuer à prendre soin du physique lorsqu’il en a besoin.
Et accepter parallèlement d’explorer le stress, les émotions, les relations, le rythme de vie, certaines expériences passées ou les mécanismes qui continuent peut-être à nous maintenir en tension.
Prendre soin du corps et prendre soin de ce que nous vivons ne sont pas deux démarches opposées.
Elles peuvent se compléter.
Et si vous commenciez simplement par écouter ce qui se passe ?
Vous n’avez pas besoin d’arriver avec une explication toute faite.
Vous n’avez pas besoin de savoir si votre douleur est « émotionnelle », « physique » ou autre chose.
Et vous n’avez certainement pas besoin d’avoir déjà compris toute votre histoire avant de demander de l’aide.
Vous pouvez simplement commencer à partir de ce qui est là aujourd’hui.
Une douleur.
Une fatigue.
Une tension.
Une sensation de ne plus pouvoir continuer exactement comme avant.
Votre corps n’est peut-être pas votre ennemi.
Il est peut-être, au contraire, celui qui vous oblige aujourd’hui à regarder avec davantage d’attention quelque chose que vous avez réussi à repousser pendant longtemps.
Et parfois, commencer à l’écouter autrement constitue déjà un premier changement.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire et que vous souhaitez comprendre plus globalement ce que votre corps et votre vécu racontent aujourd’hui, je vous invite à prendre contact avec moi. En cliquant ICI, nous pourrons faire un premier point sur votre situation et voir ensemble quel accompagnement pourrait être adapté à vos besoins.
Thérapeute à Crest et à distance, j’accompagne chaque personne de manière personnalisée en prenant en compte le corps, les émotions, les ressentis et ce qu’elle traverse dans sa vie. Mon approche vise à vous aider à mieux comprendre ce que vous vivez, à retrouver vos propres ressources et à avancer vers davantage d’équilibre et d’autonomie.


